Slow Management : réduire les effets du court-terme

Dérivé du mouvement « slow food » qui prêche l’écogastronomie et l’alterconsommation, l’approche « slow management » a été créée pour faire contrepoids aux dérives du « fast management ». Son objectif est l’épanouissement humain, à travers la création d’un environnement de travail coopératif, stable et durable. Plutôt que toujours plus et toujours plus vite, cette philosophie laisse entendre qu’une autre économie – respectueuse de l’environnement et des salariés – est possible. Décryptage à la vitesse d’un escargot neurasthénique.

 

Pour offrir aux consommateurs pas forcément « pressés » une alternative aux fast food, le mouvement du « slow food » est apparu en Italie dans les années 80, prônant la réduction de la fracture entre les gens riches ayant la possibilité de consommer des produits de qualité (généralement cultivés par des gens pauvres) et la majorité des consommateurs contraints d’acheter des aliments de mauvaise qualité (produits par d’énormes groupes industriels), du fait d’un pouvoir d’achat en berne. Le mouvement est médiatisé en 1989, au moment où McDonald annonce son projet d’ouvrir un restaurant rapide dans le centre-ville de Rome et s’internationalise quelques mois plus tard, avec la signature à Paris de son premier manifeste.

 

Du slow food au slow management pour éviter l’épuisement des salariés

Les principes du slow food font ensuite des adeptes dans les entreprises, sur la base des constats suivants : dans le monde économique prédomine un modèle de management dérivé du Taylorisme, que l’on baptise « fast management » et qui repose sur le toujours plus et toujours plus vite, et la productivité à tout prix, au détriment de l’épanouissement des salariés et sans se préoccuper de la préservation de l’environnement. Au final, ce mode de management favorise l’individualisme et le remplacement des humains par des machines, pour déboucher sur des problématiques de souffrance au travail et de démotivation.

 

Le slow management prône la prise en cause des spécificités de chaque individu – évaluation des conditions de travail, prise en compte des risques psycho-sociaux et mise en place d’une politique de bien-être au travail – ce qui rejoint les préoccupations actuelles de la plupart des services de ressources humaines. En pratique, la comptabilité prend en compte les dimensions de capital humain et de capital naturel ; l’informatique mise sur l’ouverture des systèmes d’information (et rejoint certains principes de l’open source) ; la fabrication intègre des notions de développement durable ; et la gestion des ressources tient compte des rythmes biologiques de l’être humain ainsi que de ses besoins fondamentaux. Bien loin d’être un éloge de la lenteur, le slow management cherche avant tout à réduire l’impact du court-terme.

 

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En complément :

quelques applications concrètes du slow management  

et quelques témoignages d’entreprises.

 

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« Compassion, empathie, bienveillance… le nouveau vocabulaire du management »

et « Motivation et productivité : pensées et astuces » .

 

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