Quand des robots émergent des fablab

Bien que trop peu reconnue, l’innovation française est assez dynamique pour permettre l’émergence de projets robotiques de haut niveau technologique. Financés comme ils peuvent, que ce soit grâce à des bouts de ficelles ou des participations collaboratives, composés de matériaux parfois issus de magasins de bricolage, ces projets profitent souvent de lieux de développement non traditionnels, comme les fablabs. Ainsi, le fablab de Rennes accueille actuellement une équipe travaillant à la conception d’une prothèse de main bionique open source, baptisée Bionico. Focus sur un projet à la fois en pointe et en marge.

Dans un projet classique, une idée trouve des investisseurs, se protège par un brevet, se construit selon un schéma traditionnel de répartition des tâches, le plus souvent en usine, est ensuite commercialisé et, idéalement, rapporte de l’argent. Dans un projet comme Bionico, rien n’est classique.

 

Le mode projet du XXIème siècle ?

Au départ, il y a les plans open-source d’Inmoov, un robot humanoïde développé par Gaël Langevin, téléchargeables et destinés à être dupliqués grâce à la technologie d’impression 3D. Un projet fascinant, et une excellente base lorsque l’on s’apprête à créer une « main robot » à bas coût. Car en guise de brevet, le travail est ici destiné à être répliqué par qui veut. Et du côté des prix, on tire plutôt vers le bas, puisqu’on vise une prothèse à 1000 dollars, quand la concurrence se situe entre 30 000 et 60 000 dollars…

 

Ainsi, toute l’intelligence du projet Bionico consiste en l’assemblage malin d’éléments déjà existants, comme la main du robot Inmoov, ou les capteurs musculaires de la société Advancer technologies. Un premier prototype a déjà vu le jour en juin 2013, et les plans d’une version non commerciale ont été travaillés pour leur présentation à la Maker Faire de Rome, du 3 au 6 octobre 2013.

 

Au-delà de la prouesse technique, Bionico montre qu’un projet peut trouver une valeur inédite lorsqu’il parvient à combiner des domaines de compétences qui n’ont pas l’habitude de cohabiter, en les amenant à coopérer au-delà de leur cercle d’intervention habituel. Communiquer, associer, coopérer, collaborer… pour créer et donner vie à un projet. Serait-ce la recette type d’un bon projet du XXIème siècle ?



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En complément

Le blog pour suivre le projet Bionico

Un article sur les fablabs comportant une petite visite à celui de l’Université de Cergy  Pontoise

Le blog du projet Inmoov (en anglais)

 

 

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