PAT-Miroir© : une méthode visant à établir la confiance

La réussite d’un projet complexe repose principalement sur la confiance, elle-même obtenue par la mise en place d’un climat de partage et de collaboration entre les différents membres de l’équipe, dont les objectifs divergent parfois. La méthode PAT-Miroir©, est un moyen d’instaurer cette confiance, en analysant les peurs (P), les attraits (A) et les tentations (T) de chaque membre de l’équipe. Son originalité consiste à contourner les réticences liées à ce type d’exercice, en prenant la place d’un collègue et en exprimant à sa place les peurs, attraits et tentations propres à son poste.

La méthode d’animation « PAT-Miroir » a été développée par l’Université de Compiègne dans les années 90. Elle s’applique principalement aux projets de gestion du changement, de conception de produits et à la gestion des conflits. Acronyme de « Peurs », « Attraits » et « Tentations », elle s’inspire du célèbre « dilemme du prisonnier » théorisé dans les années 50 par Albert W. Tucker, un mathématicien américain d’origine canadienne, père de la théorie des jeux. Le dilemme du prisonnier démontre que généralement, lorsqu’un individu n’a pas de certitudes vis-à-vis des choix d’un autre individu, il a tout intérêt à le trahir… PAT-Miroir part du principe qu’une collaboration est difficile à instaurer et à stabiliser car toute interaction  implique des peurs (des freins et des obstacles), des attraits (pour des objectifs et des bénéfices attendus) et des tentations (par exemple la trahison). 

 

Gestion de projets : formaliser les peurs de l’autre pour contrôler ses propres peurs

Si les membres d’un projet ont très souvent des réticences à verbaliser leurs propres peurs, et plus généralement leur ressenti, ils éprouvent beaucoup moins de difficultés à se mettre à la place de leurs collègues et à exprimer quels seraient leurs peurs, attraits et tentations s’ils occupaient un autre poste. D’où le terme « miroir ».

 

Tout l’avantage de la méthode réside dans une formulation commune des enjeux et valeurs du projet, qui engendre la confiance. Un groupe de travail est créé, réunissant des membres du projet appartenant à des entités ou à des niveaux hiérarchiques différents afin de dresser un inventaire des forces, faiblesses et risques du projet. Le but est de tenir compte de l’avis de tous les membres de l’équipe.

 

Giffard, un fabricant de liqueurs et de sirops créé en 1885 et réalisant un chiffre d'affaires de 15 millions d'euros, s’est récemment appuyé sur la méthode PAT-Miroir dans le cadre d’une opération d’acquisition. La société voulait tirer le meilleur parti des complémentarités avec une société récemment acquise (notamment en termes commerciaux, de R&D et d’informatique), tout en conservant deux marques distinctes. Ce type de réorganisation engendrant traditionnellement beaucoup de craintes et d’appréhensions, Giffard a fait appel à un consultant PAT-Miroir pour organiser des sessions de réflexion qui aboutiront à la collecte d’une centaine de « PAT ». La Direction  s’appuiera sur les conclusions de cette analyse pour développer un plan d’action – nouvelle politique commerciale, lancement de projets communs de R & D, évolution des procédés de fabrication et refonte du système d'information – qui obtiendront au final l’adhésion de tous les salariés.

 

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En complément :

une présentation détaillée de PAT-Miroir sur le site de l’Université de Compiègne
et quelques conseils pour mettre en œuvre la méthode

 

A lire sur MyProjectCafe :

« La résilience et la psychologie positive au service de l’entreprise »
et « Résoudre un dilemme éthique »

 

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